Dans l’ombre de leur nom. Calendrier RNC#2

Aujourd’hui, penchons nous sur trois grands noms de la musique classique. Trois noms qui nous évoquent de grands compositeurs, mais devraient aussi invoquer trois grandes femmes.

Clara Schumann

Clara Wieck, de son nom de naissance, a vécu en Allemagne au XIXème siècle. Elle est la fille d’un excellent professeur de piano, qui fera d’elle une concertiste dès l’âge de 9 ans. Son père enseigne également au jeune Robert Schumann, qu’elle rencontre à ses 8 ans, quand lui en a déjà 17, et tombera amoureuse de lui quelques années plus tard, avant de l’épouser en 1840. Avec le temps, leur mariage ralentira considérablement le parcours musical de Clara, au piano ou à la composition. Clara était devenue l’une des plus grandes pianiste d’Europe. Remarquée par Goethe pour son tout premier concert à Leipzig, elle triomphe à Paris lors d’une tournée en 1829 et publiera ensuite ses premières compositions qui connaîtront un grand succès auprès du public et des compositeurs de son époque comme Franz Liszt.

Si son mari fût un grand compositeur, le talent de Clara était peut-être bien égal ou même supérieur. Elle aura composé une quarantaine d’œuvres toutes magnifiques mais c’est véritablement au piano qu’elle excellait. Après le décès de son mari devenu fou, elle devient l’ami et muse de Brahms.

Notez toutefois que si le temps a effacé Clara des tablettes, l’amour qu’elle portait à son mari était tout à fait réciproque et comme l’explique Aliette de Laleu dans la vidéo ci-dessous, Robert souhaitait que leur nom fait référence à leur couple comme une seule entité, et par seulement à lui.

Je ne peux que vous conseiller d’aller écouter les travaux de Clara Schumann pour vous rendre compte à quel point le temps peut être injuste avec certains artistes, le plus souvent des femmes.

Fanny Mendelssohn

Fanny a très vite démontré un réel don pour la musique. Elle a été élevée dans un milieu très cultivé du nord de l’Allemagne au début du XIXème siècle et a fréquenté elle aussi Goethe, ainsi que Heine et bien d’autres. Très douée au piano, elle impressionne son monde à 13 ans en jouant par cœur l’intégrale des préludes du Clavier bien tempéré de Bach. La composition pris ensuite une grande place dans son cœur, mais elle avait un handicap certain à cette époque : être une femme.

Le père de Fanny a préféré tuer la potentielle carrière de sa fille pour mettre son fils, Felix Mendelssohn, dans la lumière (qui était lui aussi très doué, mais là n’est pas la question). A ses 15 ans, il lui écrit : « La musique deviendra peut-être pour Félix son métier, alors que pour toi elle doit seulement rester un agrément mais jamais la base de ton existence et de tes actes. » 

Felix, de son côté a également commenté par écrit : « L’encourager à publier quoi que ce soit, je ne le puis, car ce serait aller contre mes convictions. Nous avons souvent discuté fermement de cela et je maintiens tout à fait mon opinion… Fanny, telle que je la connais, n’a jamais souhaité devenir compositeur ni avoir une vocation pour cela ; elle est trop femme. »

De belles valeurs familiales, c’est toujours sympa à observer.

Alma Mahler

La vie d’Alma est passionnante. Femme amoureuse, femme libre, femme douée. Artiste peintre et musicienne, elle a composé de très beaux lieder (mélodies allemandes). Sa rencontre avec Gustav Mahler est magnifique, leur histoire tragique. La vie de Clara a connu beaucoup de remous, on a dit beaucoup de choses sur elle, tout et son contraire.

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