Pauline Viardot. Tout pour la musique. #CalendrierRNC4

En ce 4 Décembre, je vous invite à découvrir un personnage dont peu de personnes se souviennent aujourd’hui et qui a pourtant eu un immense impact sur le milieu musical français et international au XIXème siècle…

Pauline Viardot est la fille du ténor espagnol Manuel Garcia, premier interprète du comte Almaviva dans l’opéra Le Barbier de Séville de Rossini (tiré de celui de Beaumarchais). Elle est également la sœur de la célèbre Malibran, Maria de son prénom, elle aussi chanteuse lyrique. Mais Pauline n’est pas qu’une fille de ou sœur de...

Pauline Viardot a su développer ses propres talents. En chant, elle aussi, puisqu’elle a eu sa propre carrière sur scène, bien qu’elle fut moins populaire en ce domaine que sa sœur décédée à seulement 28 ans. Cela ne l’a pas empêché de chanter pour Meyerbeer ou Wagner, ou d’être dédicataire d’œuvres de Berlioz, Gounod ou encore Camille Saint-Saëns, qui adorait sa voix et la décrivait comme égale au goût des oranges amères (l’appréciation dépendra de vos goûts). Saint-Saëns lui dédiera également son sublime opéra Samson et Dalila.

Pianiste, élève de Liszt, elle jouera à plusieurs reprises à quatre mains avec Clara Schumann et obtiendra l’admiration de Chopin et bien d’autres.

Plus tard, Pauline, mariée au directeur du Théâtre des Italiens Louis Viardot, se mettra à la composition. Très prolifique, elle compose plus de 100 oeuvres qui sont peu à peu tombées dans l’oubli alors qu’elle suscitaient l’admiration de nombre de ses confrères de l’époque, notamment Berlioz. Depuis quelques temps ses créations ressortent de l’ombre grâce à quelques artistes, et non des moindres, comme Cecilia Bartoli, qui redonnent certaines de ses plus belles mélodies.

L’enseignement viendra ensuite, au Conservatoire National de Paris, où elle ne donne cours qu’à de jeunes femmes. Ses propres enfants seront eux aussi liés à la musique. Son fils Paul, violoniste, sa fille Louise-Hériette compositrice et écrivain et les deux autres filles à leur tour cantatrices.

Une belle vie jusque là, mais ce qui fait de Pauline Viardot une grande dame de la musique, c’est son goût des autres. Elle a encouragé des compositeurs comme Fauré, Massenet ou Gounod à leurs débuts ; organisé de nombreuses rencontres et reçu dans les salons de son hôtel particulier du 9è arrondissement de Paris, du château de Courtavenel ou sa villa à Bougival – offerte par Tourgueniev – des dizaines d’artistes et amoureux de la musique de tous horizons, qui venaient également en pèlerinage chez elle pour admirer la partition originale du Don Giovanni de Mozart, signé de la main de ce dernier, qu’elle avait acquis quelques années plus tôt. Salon Viardot, the place to be.

 

Pauline Viardot fût un réel point d’ancrage, un incubateur et une inspiration pour le milieu artistique parisien de son époque. Intime de très nombreuses célébrités du XIXème siècle, son nom reste toutefois très peu connu du public de nos jours.

Aujourd’hui, on peut saluer le travail de Jorge Chaminé, baryton et créateur du Centre Européen de Musique qui a permis de sauver la villa et la mémoire de Pauline Viardot, mais aussi de Georges Bizet, à Bougival. La villa Viardot est, grâce à Jorge, à nouveau un lieu dans lequel résonne la musique et où sont données de nombreuses masterclass.

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