On rit, mais on ne se moque pas… #CalendrierRNC 7

Elle n’a rien d’une star, mais elle a, à sa manière, marqué l’histoire de la musique, à tel point que sa vie a donné lieu à plusieurs adaptation cinématographique…

Florence Foster Jenkins

C’est l’histoire d’une femme qui était prête à tout pour la musique. Probablement l’une des femmes les plus habitées par cette passion. Florence seulement Foster  à sa naissance voit le jour en 1868 aux Etats-Unis. Très jeune, elle suit des cours de musique et souhaite partir poursuivre son apprentissage à l’étranger. Son père pourtant aisé refuse et la petite Florence s’enfuit pour Philadelphie avec un jeune médecin qu’elle épousera ensuite, lui transmettant la syphilis en plus de son nom, Jenkins. Une union qui ne durera pas longtemps.

A la mort de son père, Florence Foster désormais Jenkins hérite d’une petite fortune avec laquelle elle démarre enfin sa carrière de cantatrice et fonde le Club Verdi à Philhadelphie.

Jusqu’ici, le tableau semble idyllique. Une passionnée de musique qui réussit finalement à engager la carrière dont elle a toujours rêver, qui s’investit dans la vie culturelle de sa ville, c’est sublime. Mais où est l’arnaque me direz-vous ? Eh bien en réalité, Florence n’est pas vraiment ce que l’ont peut considérer comme une grande chanteuse. Aucun sens du rythme, aucune justesse, chaque concert est un massacre en règle du répertoire lyrique. Elle dispose pourtant d’un public fidèle, plus souvent présent toutefois pour rire de ses performances que pour se délecter de ses prouesses vocales… Dans les films inspirés de sa vie, on a tendance à nous servir l’image d’une femme très décalée, totalement inconsciente de son incapacité. Or, Florence Foster Jenkins a fini par réduire son nombre d’apparitions, ne se limitant qu’à quelques prestations dans des salons devant son fidèle fan club féminin et supervisant elle-même la distribution des invitations à des personnes extérieures à ce cercle, lors de son concert annuel au Ritz-Carlton de New-York, malgré les sollicitations de son public qui souhaite la voir plus souvent. Signe peut-être que sous des apparences de folle complètement mégalo, elle était bien consciente de ne pas être à la hauteur mais s’en fichait, du moment qu’elle vivait pour la musique.

Florence céda finalement à ces appels répétés de la foule pour donner un concert le 25 Octobre 1944 dans la mythique salle de Carnegie Hall à New-York devant un parterre de badauds auxquels se mêlent également quelques célébrités. Ce fût évidemment un calvaire pour les oreilles présentent à cette première réelle prestation publique et bien que l’assistance sembla avoir joué le jeu, la presse s’en donna à cœur joie. Qu’importe, Florence Foster Jenkins avait réalisé son rêve…

Deux jours après ce concert, FFJ a une crise cardiaque. Elle décède un mois plus tard, le 26 Novembre 1944, à 76 ans.

Si aujourd’hui encore, on ne peut pas assurer formellement que Florence Foster Jenkins a inspiré le personnage de la Castafiore à Hergé, fameux créateur de Tintin, il est tout en cas certain que l’histoire de cette femme a donné des idées à plusieurs cinéastes, notamment en France, où Xavier Giannoli nous offre un très bon divertissement avec Catherine Frot dans le rôle de Marguerite. En 2016, Stephen Frears a également réalisé Florence Foster Jenkins, avec l’incontournable Meryl Streep dans le rôle de la diva qui avait tout de même enregistré 9 arias sur 5 disques 78 tours, dont l’air de la Reine de la Nuit que vous pouvez retrouver ci-dessous. « Bonne écoute ».

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